Affaire d'Outreau

Justice injuste : Le scandale de l'affaire d'Outreau

A la suite d'une terrible affaire d'abus sexuels, les enfants victimes, relayés par leur mère, parlent et livrent au magistrat instructeur des dizaines de noms de voisins ou de connaissances, en les présentant comme coupables. A partir de ces accusations prises à la lettre, l'instruction échafaude alors une thèse invraisemblable de réseau pédophile, de prostitution, de meurtre d'enfant... Thèse qui s'effondrera lamentablement au cours du procès aux assises de Saint-Omer, au début de l'été 2004. Que vaut une justice qui, sur des bases aussi fragiles a envoyé des innocents en détention provisoire pendant plusieurs années. Et persisté, malgré leurs dénégations et en absence de preuves, à condamner six personnes en première instance ? Comment en est-on arrivé-là ? Enquête au cœur d'une affaire qui fera date dans l'histoire, au cœur de la " justice injuste ", cette machine qui n'hésite pas à broyer la vie de citoyens ordinaires.

La Méprise : L'Affaire d'Outreau

De mai à juillet 2004, s'est tenu à Saint-Omer le procès de l'affaire Outreau : 17 personnes accusées de faire partie d'un réseau de pédophilie. Elles sont présentées comme de vrais monstres, qui vendent des enfants, les violent et parfois les tuent. Il y a là des notables, un huissier et sa femme qui vient en tailleur à des orgies dans une Cité HLM, un curé qui tient en laisse un berger allemand lubrique, une boulangère qui fait trafic de cassettes pédophiles en Belgique sous ses cartons de confiseries. Parmi ces accusés, 13 se disent innocents. Ils sont dénoncés par les 4 autres, deux couples de voisins.

Innocents, le calvaire des accusés d'Outreau

Ils étaient chauffeur de taxi, serrurier, gardien d'immeuble, boulangère, prêtre-ouvrier... Ils menaient des vies sans histoires, avant d'être happés par une machine judiciaire devenue folle. Accusés par Myriam Badaoui, une voisine pour les uns, une inconnue totale pour les autres, d'actes insensés de pédophilie et de barbarie sur de nombreux enfants, tous protestent de leur innocence. En vain. Le juge d'instruction, persuadé que " l'affaire d'Outreau " est l'affaire du siècle, ne les écoute même pas, subjugué qu'il est par la logorrhée de son accusatrice principale dont il fait la star de toutes les confrontations.

L'affaire d'Outreau / Karine Duchochois

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Le 29 Avril 1996, Karine Duchochois s'installe avec son compagnon David Brunet, à la Tour du Renard à Outreau. Elle est alors enceinte de huit mois d'Anthony, son futur petit garçon.

Sur son palier, elle a le malheur d'avoir notamment pour voisin le couple Myriam Badaoui/Thierry Delay et le couple Aurélie Grenon/David Delplanque, qui joueront un rôle central dans l'affaire d'Outreau.

Elle ignore les viols que subissent les enfants de Myriam Badaoui.

Chronique de mon erreur judiciaire : Une victime de l'affaire d'Outreau

L'affaire d'Outreau. au départ, dixit la presse, le démantèlement d'un vaste réseau de pédophiles impliquant des " notables ", " la boulangère ", " le prêtre ", " l'huissier "... Et à l'arrivée, un terrible fiasco avec des innocents aux vies et réputations broyées par une enquête bâclée. Tout le monde se souvient de ce procès, mais qui a compris le calvaire enduré par ceux qui ont été jetés en pâture à l'opinion alors qu'ils n'avaient rien à se reprocher ? C'est justement cette descente aux enfers, cette vie qui bascule à jamais dans l'horreur et le déshonneur, qu'Alain Marécaux - " l'huissier " - raconte dans cette chronique émouvante. Arrêté le 14 novembre 2001 à son domicile sans comprendre ce qui lui arrivait, il s'est retrouvé, ainsi que son épouse, présumé coupable. Bien que protestant de son innocence, bien que son dossier soit vide, que les confrontations avec ses accusateurs aient montré leurs incohérences, toutes ses demandes de remise en liberté furent rejetées. De maison d'arrêt en hôpital psychiatrique, de tentatives de suicide en grève de la faim, il a passé presque deux ans en détention provisoire pour des faits qu'il jure depuis toujours n'avoir pas commis.

Moi, Karine innocente et cassée

J'ai vécu l'" affaire d'Outreau ", j'en ai fait partie. Je m'appelle Karine Duchochois, j'ai 26 ans. Pendant trois ans, la justice m'a harcelée, m'a interdit tout contact avec mon petit garçon, et a emprisonné son père pendant plus de deux ans. J'ai perdu mon travail, ma réputation a été salie, ma vie et celle de mon fils ont été bousillées, ainsi que celle de douze autres personnes. Aujourd'hui je suis acquittée. Mais je pose la question : Pourquoi moi ? Pourquoi tant d'acharnement sur de pauvres gens comme nous ? Comment la justice fonctionne-t-elle pour en arriver à tant d'injustice ? C'est pour témoigner d'une expérience intolérable que j'ai fait ce livre. Et spécialement pour que mon fils Anthony puisse comprendre plus tard. J'espère de tout mon coeur qu'il aidera ceux qui auraient un jour à subir l'injustice, à la combattre sans jamais lâcher prise.

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